Féminisme et bénévolat : un regard en dehors des sentiers battus

Féminisme et bénévolat : un regard en dehors des sentiers battus - Sandrine Fdida

Le bénévolat peut-il être source de créativité ? Quel est son apport au sein d’Institutions Culturelles telles que des musées ? Les bénévoles investies, souvent des femmes, font-elles uniquement acte de présence pour s’occuper ou apportent-elles une contribution ? C’est pour répondre à ces questions et sortir des sentiers battus,  qu’Hélène Lamarche-Ouellet a écrit, en 1979, un article intitulé « Créativité et bénévolat ou la conciliation des paradoxes »(1) autour du bénévolat de femmes dans les musées d’art nord-américains. Au-delà du fond, c’est son regard et la touche acerbe de son verbe qui m’ont touchés.

Le bénévolat culturel, source de créativité

Si elle commence à définir la créativité comme « une certaine attitude d’esprit, la faculté de chercher hors des sentiers connus la réponse à des questions éternelles, d ‘exploiter des solutions nouvelles et, pourquoi pas, celle de formuler de nouveaux problèmes », elle focalise rapidement son attention autour de la créativité féminine désireuse de « faire exploser bien des clichés et un certain nombre de mythes ». Les figures emblématiques des femmes présentées sont surtout ouvrières, infirmières, journalistes ou écrivains mais jamais artistes ou actives dans le domaine des arts visuels. Celles qui l’intéressent sont « souteneuses bénévoles de l’art » et interviennent depuis longtemps dans les musées d’art américains et canadiens. Et son propos, très imagé, réfute les idées toutes faites qui louangent ou méprisent le travail de ces dernières.

Le bénévolat, un tremplin d’employabilité pour « passer en république »

Le bénévolat n’est pas seulement une activité charitable. Il suppose la mise en œuvre de compétences car « l’institution fait appel à des bénévoles pour un travail orienté autour d’objectifs ». Dans ce contexte, « pour nombre de femmes, celles qui ont laissé I’école depuis longtemps, celles qui ont perdu contact avec le monde du travail et toutes les reines du foyer qui voudraient bien passer en république, devenir professionnelles non-rémunérées est un nouveau départ et souvent une étape essentielle aux retombées insoupçonnées. » Ainsi grâce au bénévolat a certaines ont repris des études et pu faire valoir des compétences en gestion de projet avec des profils diversifiés ou capacité à maintenir des objectifs qualitatifs, dans le monde du travail – appuyé alors par l’Institution qui joue un rôle de recommandation.

Le bénévolat et salariat : quelles complémentarités ?

Féminisme et bénévolat : un regard en dehors des sentiers battus - Sandrine FdidaContrairement à beaucoup d’idées reçues, le bénévolat coûte cher ! Il suppose une équipe d’encadrement « qui fournisse, non seulement la formation de base nécessaire, mais aussi un climat affectif facilitant où chacune se sente valorisée et respectée ». Les bénévoles peuvent alors apporter une contribution complémentaire de celles des personnes en poste, assujetties aux contraintes du quotidien, sous la forme « d’un enthousiasme, une disponibilité d’esprit, disons-le d’une créativité renouvelée ».

Cet engagement féminin qui perdure au fil des siècles dans les Institutions culturelles s’inscrit dans une lignée, aux côtés de celles, « artistes et éducatrices, dont I’histoire a retenu le nom et des autres, plus nombreuses, que I’anonymat de I’histoire n’a pas empêché d’être ».

Source de l’article : http://cws.journals.yorku.ca/index.php/cws/article/viewFile/14601/13653

Crédits visuels :

Stuart Mc Millen – http://www.stuartmcmillen.com/

Sandrine Fdida
Professionnelle de la communication et du marketing depuis plus de 15 ans, je suis aujourd’hui consultante-formatrice indépendante spécialisée sur la communication, notamment via le bouche à oreille, et la démarche réseau et enseignante-doctorante en Information-Communication, au Centre Norbert Elias de l’Université d’Avignon. Recherche et démarche pragmatique se nourrissent mutuellement, comme un médecin enrichit sa pratique de savoirs scientifiques. Cette alliance s’exerce lors de missions en entreprises ou opérationnelles mais aussi lors de projets collaboratifs universitaires avec des entreprises, associations et structures institutionnelles.

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